06.10.2007
Et Borloo vit fondre la glace…
Par Frédéric Denhez, auteur de La nature, combien ça coûte ?
Pourquoi l’écologie n’est pas l’ennemie de l’économie, collection Changer d’ère, paru le 27 septembre aux éditions Delachaux et Niestlé (19 €).
À Llulissat, sur la côte occidentale du Groenland, il y a un fjord au bout duquel se trouve un village. Les 4600 habitants ont de la chance : le paysage qui chaque matin s’offre à leurs yeux encore fatigués est classé au patrimoine mondial de l’humanité. Sans doute ébaubis par tant de beauté, ils ne savaient plus compter les icebergs qui, depuis des années, se détachaient chaque mois plus nombreux du glacier dont le nom est aussi celui du lieu et du village. Heureusement, un ministre de la République française est venu leur réapprendre le calcul. Le 11 septembre, Jean-Louis Borloo a débarqué d’un Airbus A300 en compagnie de journalistes et de scientifiques, tous un peu gênés d’être là.
Il a posé ses pieds sur la roche glacée après s’être enveloppé dans un anorak. Il a marché, se fit montrer les lieux par un explorateur un peu âgé et un photographe à moustaches. Quand soudain, la révélation se fit. S’ils n’avaient été bien élevés, les chercheurs auraient posé genou à terre pour baiser la botte du ministre. Car à eux, il avait fallu une trentaine d’années de travaux pour pouvoir affirmer que, oui, décidément, la glace arctique, singulièrement la groenlandaise, fond a une vitesse inquiétante. En promenant simplement ses yeux sur la blancheur qui, il y a longtemps, fut territoire viking, Jean-Louis Borloo, natif de Valenciennes, parvint à leur conclusion en moins de cinq minutes. Une si éclatante perspicacité expliquait, a posteriori, le choix du Président de la République de confier la révolution écologique à cet homme touché par la grâce.Et la révolution a eu lieu.
Le 27 septembre, les propositions issues des réunions de travail du Grenelle de l’environnement ont été rendues public. On y sent que la France a, enfin, compris que les affres subies par notre environnement l’obligent à repenser son mode de vie. Les mesures avancées le sont depuis une vingtaine d’années. À force d’avoir été tant attendues, elles sont consensuelles. Les plus neuves, comme le gel des cultures OGM, étaient de facto imposées par l’opinion publique. Toutes ces mesures courageuses ne seront toutefois acquises que lorsque le Parlement les aura votées. D’ici là, l’électoralisme, aiguillonné par le lobbysme, aura rendu raisonnables nos élus.
Mais ne soyons pas mesquins : un Grenelle, c’est mieux que rien. En France, comme tout procède de l’État, il faut que l’État le décide pour que les personnes intéressées par les questions d’environnement se réunissent, en s’asseyant sur trente ans de rapports, de commissions et de certitudes parfaitement établies. Espérons qu’il n’en faudra pas trente de plus pour que l’État impose à chaque décideur, à chaque entreprise, à chaque citoyen, de désormais penser sa vie en fonction de ce qu’elle en coûte à l’environnement. Penser large, dans l’espace, penser long, dans le temps, sont les deux obligations pour qui espère évaluer l’impact de sa façon de vivre sur les écosystèmes et sur le long terme.
La nature n’est plus infinie ni généreuse. Elle nous est désormais comptée. Il est plus que temps de la considérer comme un compte épargne et d’imposer un taux d’intérêt juste, qui n’outrepasse pas ses capacités de renouvellement. C’est-à-dire d’abandonner à la fois le dogme néolibéral du retour sur investissement élevé et immédiat, en en oubliant les coûts sanitaires, sociaux et environnementaux, et d’investir massivement afin d’adapter nos outils de production et de vie aux bouleversements météorologiques issus du dérèglement climatique. Avec, au moins, un avantage : celui de relancer l’économie en lui faisant prendre un chemin nouveau pavé de sursauts technologiques. Car produire la même chose en utilisant moins de matières premières, en exposant moins la santé des travailleurs, en rejetant moins de déchets exige d’accroître considérablement les rendements des outils de production. L’écologie n’est pas l’ennemie de l’économie. C’est au contraire la seule façon pour celle-ci de sauter le mur vers lequel elle accélère en souriant.
08:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : État Borloo économie











Commentaires
c est au pied de l arbre que l on voit le bucheron. a savoir grenelle c est un debut necessaire mais pas suffisant a la france de montrer l exemple( a l ecole avec les prof) au moins nous serions les premiers a agir et non promulguer des lois et des constats.quand je dits agir c est au plus niveau de l etat a montrer l exemple.les citoyens sont suffisament informes est repercute( je l espere)leur maniere ecologique de traiter le sujet .il ya foison d ong et d association. pour ma part j ai etais pendant 17 ans moniteur de plongee ss marine et encore aujourd hui je constate que rien ne bouge .il y a encore en france des villes qui n ont meme de station d epuration digne de ce . nom .jacky timoni
Écrit par : timoni | 06.10.2007
ILS les a stanqués par un carro sur la tête aux scientifiques , que la fonte de la banquise s'est comme un glaçon dans un verre de pastaga en le remuant il fond ?Arrêtez de faires les cons ! si non changer de glaciére s
Écrit par : Agémian | 06.10.2007
ILS les a stanqués par un carro sur la tête aux scientifiques , que la fonte de la banquise s'est comme un glaçon dans un verre de pastaga en le remuant il fond ?Arrêtez de faires les cons ! si non changer de glaciére s
Écrit par : Agémian | 06.10.2007
fauuse manif anti ecolo à paris le 29/09
il y a du boulot!!
http://www.dailymotion.com/video/x343uk_manif-antiecolo_fun
Écrit par : nathalie | 06.10.2007
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